Le temps d'écrire

Le temps d'écrire...

Et si tu prenais par hasard, par envie, ou parce que tu n’as pas encore vraiment essayé, le temps d’écrire…Le temps de t’arrêter, de regarder les autres et toi et le monde et de construire un chemin à travers tout cela.

Une autoroute, une rive boisée, un aride sentier de montagne…Peu importe. Juste l’évidence de dire : je suis là, et voilà comment je vois les choses.

Mon horizon à moi, c’est de t’accompagner dans ta démarche, pour aboutir ensemble là où seul, parfois, on se décourage. Créer les conditions pour que quelque chose s’ouvre et que la lumière, ou l’ombre, puissent passer.

Alors, en route…!

dimanche 22 octobre 2017

Atelier d'écriture Lyon - Séance 3 - Territoires imaginaires

Mardi 17 octobre. Dernier atelier consacré à la thématique du lieu, avec le projet d'aller un peu plus loin encore et d'inventer ensemble un territoire imaginaire, un lieu qui n'existe pas, une u-topie, au sens premier du terme.

Lecture en partage : "Je vous écris d'un pays lointain", extrait de Lointain intérieur de Henri Michaux (1937).








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lundi 16 octobre 2017

Atelier d'écriture Lyon - Séance 2 - Lieux communs

Mardi 3 octobre.
A la première séance, nous avions travaillé sur un un lieu existant, quotidien, en connexion avec nos sens et qui fait partie de notre univers. A l'occasion de cette deuxième séance, grâce à différents dispositifs d'écriture, nous sortons de notre univers et nous imprégnons de l'univers des autres pour inventer, en commun, des lieux nouveaux, insolites où s'agite une histoire...

Avec en partage : un extrait de Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino (1979).




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Salle/Bête

L’éclairage tamisé, équivoque, de la lampe plongeait la salle de danse dans la semi-obscurité. Le frêle scintillement des lampions projetait des créatures malfaisantes contre les parois. Au centre de la pièce, une bête énorme léchait du miel goulument et sa fourrure rêche en se frottant contre le sol produisait de l’électricité. Depuis ses yeux, minuscules lucioles flottillant dans son regard, l’on percevait un désarroi singulier, emporté comme dans un sortilège, au cœur même de cet amour abject. Il y avait en lui les fondements de la désillusion, l’alphabet faussé d’un être cassé d’où pouvait sourdre à tout moment l’incommensurable douleur, le ballet frénétique d’une âme captive de son reflet dans cette salle entourée de miroirs qui tels des dominos perdaient l’équilibre et venaient tomber les uns sur les autres. Noémie s’en était allée, frémissante, jouissant pleinement des bras de Jean-Paul, son être d’élection, responsable à lui seul – il tenait à s’en persuader – de cette noyade intime et brûlante qu’il ressentait désormais.     

Grégory



Marseille, 8h du matin sur le parvis de Notre Dame de la Garde : soleil de plomb, déjà 28°C selon Météo France et l’enseigne lumineuse de la pharmacie voisine. Je m’engouffre dans la première bouche de métro qui se présente à moi. Je dévale les marches par lot de 4, malgré les talons aiguilles et le risque de chevilles foulées qui plane au-dessus de moi.
Un groupe de danseurs de hip-hop me bloque momentanément le passage. J’esquisse un pas chaloupé et me retrouve sur le quai, face à la gueule béante de la rame. Poussée par le flot de mes congénères pressés, je saute juste à temps pour le départ. Début d’une journée merdique, je le sens. Un mélange d’odeurs, loin de la lavande provençale chère à la région, agresse mes narines. Je cherche à déchiffrer l’alphabet minuscule du plan des stations, coincée entre une poussette contenant un môme braillard, flanqué de son flegmatique géniteur, qui vraisemblablement a abandonné tout espoir de retour au calme, et une femme d’une soixantaine d’années qui ressemble à maman, abstraction faite de son regard vide, qui la rapproche plus du bovin fatigué que de la jeune retraitée dynamique.
Soudain, tournant la tête pour échapper à la vision de mes deux charmants voisins, je la vois. Isabelle. Des années qu’on s’est perdus de vue. Depuis le séjour à Etretat, chez Danielle. Je m’avance de quelques pas et prend conscience de sa tenue incongrue. Toute parée de couleurs chatoyantes, elle est affublée d’un petit chapeau en carton doré et se met à crier : TURLUTUTU, TURLUTUTU !, faisant sursauter une bonne partie des passagers.  Elle exhibe soudainement une langue de belle-mère bleu pétrole et son teint, ordinairement d’un bel orange velouté comme un abricot, vire au rouge renoncule tandis qu’elle souffle à pleins poumons dans son terrible instrument.
Que faire face à cette surprise un peu folle ? Mazette, me dis-je, toute turlupinée, est-ce parce que nous sommes un jour férié qu’elle est ainsi déguisée ? Et ce chapeau, plein de monnaie, accroché à sa ceinture ? Aller à sa rencontre, ou fuir à la prochaine station, mon cœur balance.
Il balance si fort que mon corps entier tangue. Je ferme les yeux pour éviter de régurgiter mon petit déjeuner. Quand je les ouvre, elle a disparu. Encore une crise d’allergies hallucinogènes à mon actif. Il faut peut-être que j’arrête les joints, sans quoi c’est Aménadiel et son cortège de chérubins que je risque de voir débarquer à la prochaine station.

Aurélie


   

Laëtitia aimait les ananas. Elle en dégustait toujours une ou deux lamelles, étalée sur la plage, en partageant les cauchemars emplis de lance-roquettes procurés par le hasch. Elle n'avait pas l'habitude de fumer mais c'est Angélique qui l'avait initiée au "pédoncule du nirvana", une variété spéciale d'une extraordinaire longueur. Et depuis, elle était en paix avec elle-même. Elle avait retrouvé son étymologie, ses muscles émotionnels. Tout plutôt que d'attendre le tempo ralenti de l'espoir. Elle était venue comme un coquillage inutile et maintenant, elle entendait les vagues lui souffler le seul outil pertinent pour gagner : écrire.

Sylvie




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dimanche 24 septembre 2017

"De si petites ailes" - Editions sur le fil - date de parution : le 30 octobre 2017

De si petites ailes sortira officiellement le 30 octobre 2017.



Il est déjà en pré-vente sur le site marchand de l'éditeur :http://editionssurlefil.fr/home/7-de-si-petites-ailes-sylvie-gier-9791095367062.html

A sa parution, il sera disponible en librairie et sur les plateformes de diffusion comme Decitre ou Amazon.

Des événements seront organisés en novembre...

A suivre !

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Atelier d'écriture Lyon - séance 1 - L'écorce du quotidien

Mardi 19 septembre, 20h. Nouvelle salle encore pour la première séance de l'atelier d'écriture que je propose avec l'association PLVPB. De l'enthousiasme, de la fébrilité, une écoute attentive pour travailler sur la thématique du lieu, lieu quotidien que l'on a traversé dans la journée, où l'on a séjourné pour un temps plus ou moins long, lieu qui parle du monde et de nous en même temps, lieu précieux que nous allons approcher avec minutie, dans une connexion immédiate et approfondie avec nos cinq sens.
Avec en partage : les Notes de chevet de Sei Shonagon, dame d'honneur à la cour impériale dans le Japon du IXe siècle


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Ce que j'ai ressenti d'emblée ont été les vibrations sourdes du vélo contre le bitume au rythme du riff de la guitare dans mes oreilles. La voix qui se fait presque déchirement entre les bandes blanches du macadam. Les senteurs des fleurs en longeant les bâtiments masqueraient presque l'odeur suffocante des pots d'échappement. Le caoutchouc des poignées du guidon s'effrite dans mes mains tandis que la dureté de la selle râpe mes fesses.
Au loin, les phares des voitures tels des yeux au regard blême tentent d'échapper à la danse serpentine et ondulante du tram. La satisfaction éprouvée par le goût de la vitesse dans la descente contraste avec l'intrusion désagréable d'un insecte dans ma bouche entrouverte au moment où je savoure de manière inconsidérée le risque qu'il y a à slalomer entre les voitures.
Mon arrivée à bon port n'efface en rien l'odeur du jean mouillé par la pluie. Il fait froid dans la cour encore plongée dans l'obscurité. Bientôt le silence va s'entremêler au bruit. Je m'apprête à rentrer. Le dehors, plus une transition, peut-être tout juste un prolongement alors qu'à l'intérieur le vacarme se précise.
Grégory




Quand je suis entrée dans ce bureau qui allait être "mon bureau", j'ai été envahie par l'espace : immenses fenêtres, plafond haut, vue imprenable sur des arbres centenaires, tout indiquait que ce lieu avait accueilli plusieurs générations, peut-être même avait-il accueilli des rois et des reines. On sentait l'ancien, le bois, le beau, le parquet usé et les années passées.
Mais sur la table lisse, une souris reliée à un ordinateur, une pochette plastique transparente qui protégeait un tableau Excel.
On était bien le 19 septembre 2017, je ne m'étais pas trompée, j'entendais tourner le moteur du minibus de ramassage des enfants, et les enfants qui en descendaient un à un, clopin-clopant.

Isabelle



Ce qui frappe chaque matin en entrant, c'est l'odeur du café provenant de la minuscule cuisine près du bureau de la rédaction. Ma collègue, assistante de direction, arrive toujours la première, et sa tasse à la main va s'asseoir à son bureau où trône une immense plante verte qui donne un peu de chaleur à l'ensemble grisâtre.
Je pose mon vélo contre son armoire : il n'y a pas d'endroit pour les ranger dans l'immeuble; et je prends place, là, derrière mon ordinateur que j'allume, machinalement, pour la journée.
Déjà, s'excitent, pour rien, les sonneries des téléphones fixes qui s'épuisent dans le vide : mes collègues ne sont pas encore arrivés au boulot; puis c'est mon fixe, puis mon portable. Pour l'heure, je laisse sonner !
Dehors, il pleut. J'ouvre la fenêtre et une odeur de frais entre dans le bureau, qui vient contrer celle d'un camembert abandonné dans le frigo. Sur mon bureau s'entassent des piles de papier à trier. Et le tas de journaux que je caresse du bout des doigts.
C'est calme pour quelques minutes encore. Bientôt, ce sera l'arrivée des collègues, les "bonjour" à la volée, le bruit des touches sur les claviers, chacun rédigeant ses actus, tendu et concentré, les interviews qui s'enchaînent au téléphone, les éclats de rire, furtifs, pour décompresser.

Nadia




Ce que j'ai vu en premier - comme si c'était la première fois que je le voyais -, c'est la pente de ce foutu trottoir interminable qui va de la maison à l'école. Les talons de mes bottes peinaient et se tordaient sur la dureté du pavé. Je guettais la frontière entre le vieux bitume usé par les ans et le nouveau revêtement, plus foncé, signe que j'approchais du carrefour et donc de l'école. Comme pour me narguer, un camion bleu a déboulé à toute vitesse, rompant le faible écho du vent dans les feuilles. Ça sentait l'automne, la ville et l'odeur du cou de mon fils, blotti dans mes bras pour un dernier câlin volé avant l'heure des maîtresses et des apprentissages. Puis, la lanière de mon sac a recommencé à peser sur mon dos, déjà alourdi. J'ai repris contact avec le rugueux du béton, les gaz d'échappements des voitures garés en double file, le parfum de la gardienne du portail. On était arrivé.

Sylvie





Atelier d'écriture Lyon - Réécriture 1 à partir des textes rédigés par les participants

Ecrire, c'est réécrire...
Vous trouverez ci-dessous ma proposition de réécriture à partir des textes rédigés à l'occasion de la séance découverte "Atelier d'écriture" du 12 septembre 2017. Si ça vous tente, les textes initiaux sont accessibles sur le post du 24 septembre, rubrique "Souvenirs d'ateliers".
A vos claviers !

Vous pouvez me transmettre vos réécritures à : sylviegier@gmail.com. Je les mettrai ensuite en ligne.




Dans ma poitrine, il y a une fleur qui aime en serrant les poings
Dans mes veines, il y a une étincelle qui voltige en criant dans le silence
Dans ma tête visitée, il y a une plume recroquevillée

qui se pense toujours en cage dans mon immeuble



Un été offre le temps d'une chanson
Une mélodie qui dénote en abandonnant tout
Sur ma bouche, il y a un funambule

qui ose en dansant la valse


Des horizons s'ouvrent en un éclair
A l'arrêt de bus, il y a des poissons qui disparaissent en creusant jusqu'à la source
A ma fenêtre, il y a une foule

qui se rassemble en rêvant à demain


Des mains s'ouvrent en cherchant la clé
Un sculpteur se délecte en arrêtant le temps
Il y a disparu quelque chose

qui me pose des questions de bonheur attendu

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Atelier d'écriture à Lyon - Retour sur la séance découverte du 12 septembre 2017

Deuxième séance de découverte pour l'activité écriture, proposée par l'association PLVPB (Lyon 3). 
Dans la petite salle 3, toute en longueur, nous ralentissons le temps et nous nous posons. Certains viennent avec des objectifs, d'autres avec des interrogations, d'autres encore avec des envies indéfinies...Tous, en tout cas, se confrontent à un temps d'atelier réel dont sont rassemblés ici les premiers jets.

Merci à Sabrina, Nourddine, Sandrine, Josette, Claudine, Karl, Andrea, Marie, Sara, Béatrice, Grégory, Nadia, Laëtitia et Jean-Paul pour leur participation.



Dans ma poitrine, il y a une fleur qui aime en serrant les poings
Un été offre le temps d'une chanson
Sur ma bouche, il y a un funambule qui ose en dansant la valse

Au-dessus des nuages, il y a une mélodie qui voltige en abandonnant tout
Un vide s'ouvre à jamais
A l'arrêt de bus, il y a des poissons qui disparaissent en creusant jusqu'à la source

A ma fenêtre, il y a une foule qui se rassemble en rêvant à demain
Ils manifestent une détermination l'un après l'autre
Dans mon coeur, il y a un sculpteur qui se délecte en arrêtant le temps

Dans la salle de classe, il y a des mains qui s'ouvrent en cherchant la clé
L'écurie s'ouvre sans attendre
Dans mon jardin, il y a une lame qui ose en traçant un long chemin

Dans mes veines, il y a une étincelle qui voltige en criant dans le silence
Une fleur ose pour la première fois
Dans le lit des rivières, il y a un funambule qui s'amuse en courant à perdre haleine

Au fond de la mer, il y a une foule qui chante en découvrant l'Amérique
Des espoirs vivent au chant du coq
Sous ma peau, il y a une fleur qui s'ouvre en chevauchant l'horizon

Dans mon caddie, il il y a un oiseau qui s'envole en cherchant la sortie
Des horizons s'ouvrent en un éclair
Dans la forêt, il y a un funambule qui chante en construisant ta maison

Dans mon lit, il y a une fleur qui s'ouvre en attendant l'orage
Des sons dénotent à l'aube
Derrière mon dos, il y a des gens qui chantent en imitant ta voix.

Dans ma tête visitée, il y a une plume recroquevillée qui se pense toujours
En cage dans mon immeuble
Et devant moi, à l'infini, je m'offre une nuit des longs couteaux
En se donnant la main, il y a disparu quelque chose
Qui me pose des questions de bonheur attendu

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vendredi 15 septembre 2017

Dernières places : Et si on écrivait une chanson ? - Stage Ecriture et texte de chanson - 14 et 15 octobre 2017 à Villeurbanne (69)


Blandine Moraweck, enseignante en chant / auteur-compositeur , et moi-même vous invitons à participer à la deuxième édition de notre stage pluridisciplinaire, associant écriture et création de textes de chanson.


Et si on écrivait une chanson ?
pour écrire et développer un texte, un thème, une histoire
avec la particularité de l'écriture de chanson : progression, rimes, prosodie et rythmique.

14-15 octobre 2017 - 110 € + 20 € d'adhésion à l'association Résonateurs
Ce stage est accessible à tous, musiciens ou non.






Si les participants ont déjà écrit des textes de chansons, ces derniers pourront aussi être partagés dans l’atelier pour un travail sonore et une réécriture qui permettront à votre chanson d’être meilleure, plus consciente, plus proche de votre intention.


Les horaires : samedi : 14h-18h / dimanche : 10h-17h

Le lieu : Association Résonateurs
58, rue Alexandre Boutin 69100 Villeurbanne (M° Charpennes ou République).

Pour vous  inscrire :
Envoyez  un mail avec votre nom, adresse et téléphone à : sylviegier@gmail.com.
L'inscription sera définitive après versement d'un acompte de 40 €.
Paiement par chèque à l'ordre de : Résonateurs et à envoyer à : Atelier d'écriture Sylvie Gier - 20, rue Paul Gojon - 69100 Villeurbanne


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