Le temps d'écrire

Le temps d'écrire...

Et si tu prenais par hasard, par envie, ou parce que tu n’as pas encore vraiment essayé, le temps d’écrire…Le temps de t’arrêter, de regarder les autres et toi et le monde et de construire un chemin à travers tout cela.

Une autoroute, une rive boisée, un aride sentier de montagne…Peu importe. Juste l’évidence de dire : je suis là, et voilà comment je vois les choses.

Mon horizon à moi, c’est de t’accompagner dans ta démarche, pour aboutir ensemble là où seul, parfois, on se décourage. Créer les conditions pour que quelque chose s’ouvre et que la lumière, ou l’ombre, puissent passer.

Alors, en route…!

mardi 23 mai 2017

Atelier d'écriture à Lyon - Réécriture 1 à partir des textes rédigés par les participants

 Ecrire, c'est réécrire...
Vous trouverez ci-dessous ma proposition de réécriture à partir des textes rédigés à l'occasion de la séance découverte "Atelier d'écriture" du 16 mai 2017. Si ça vous tente, les textes initiaux sont accessibles sur le post du 23 mai, rubrique "Souvenirs d'ateliers".
A vos claviers !


Un projet se brise aujourd'hui
Dans mon coeur une fêlure
Sur mes épaules un peuple triste
Un cavalier s'enfuit en perdant ses écailles
Instants qui s'enlacent pour toujours

Tu aimais dire que les bêtises voyagent en serrant les poings

Dans mon ventre, il y a un bouclier qui s'enfuit
Derrière mon dos, un tatouage grandit en dessinant ton visage
Promesses
Trompé d'adresse
Sous mes pieds le désert

Un rêve chemine sans s'arrêter
Un mec m'embrasse à l'infini
Devant mon ordinateur,
Sur mon balcon, sur le trottoir
A l'aube, materner

Ta moustache tissera toujours des questions

Des néons brillent en construisant des villes-caddies
Un espoir souffre encore un peu
Des gens réfléchissent en cherchant la clé
Dans le métro du matin, un sourire flotte pourtant
A regret mais sans remords, je brûle ta dernière plume.


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Atelier d'écriture à Lyon - Retour sur la séance découverte du mardi 16 mai 2017

Soleil couchant dans la salle 4 de la Maison de Quartier Villette-Paul Bert. 
Les 15 participants venus découvrir l'activité Ecriture proposée à la rentrée de septembre dans le cadre de l'association PLVPB arrivent les uns après les autres, s'installent autour de la grande table.

Un beau moment de partage, dont voici quelques traces, les premiers jets rédigés à l'occasion de la séance découverte par Laetitia, Nacera, Aline C, Marianne, Danielle, Jan, Sabine, Aline G, Laurence, Sylvie B, Isabelle, Christophe, Nuris, Marie, Emmanuelle, Cécile, Sylvie G.

Dans mon oreille, il y a un cri qui s'enfuit en se trompant d'adresse
L'avenir sourit au chant du coq
Dans mon lit, il y a un héros qui meure en me regardant de haut.

Sur ma bouche, il y a une moustache qui se brise en tissant des promesses
Un désastre s'enfuit lentement
Dans la forêt, il y a des lapins qui espèrent en se donnant la main

Sous ma peau, il y a un sourire qui frémit en découvrant l'Amérique
Un rêve danse au détour de la nuit
Dans ma tête, il y a un espoir qui renaît en traçant un long chemin

Sur mes épaules, il y a un peuple triste qui marche en attendant la nuit
Au fond de la mer, il y a un désastre qui pollue le monde aquatique
Des instants à photographier
Des visages qui flottent au loin

Dans mon pays, il y a un bouclier qui se brise en courant à perdre haleine
Simultanément un plume frémit
Derrière mon dos, il y a un tatouage qui flotte en rêvant à demain.

Dans ma poitrine, il y a un sourire qui voyage en préparant le départ
Un projet se brise aujourd'hui
Sous mes pieds, il y a un cri qui s'enfuit en traversant le désert

Dans mon grenier, il y a des néons qui brillent en construisant des villes
Des instants qui s'enlacent pour toujours
Dans mon immeuble, il y a des gens qui dansent en s'élevant dans les airs

A ma fenêtre, il y a un cavalier qui s'enfuit en perdant ses écailles
Un espoir souffre encore un peu
Dans mon coeur, il y a un cri qui meurt en répétant ton nom

Dans mon caddie, il y a un sourire qui saute en posant des questions
Un rêve chemine sans s'arrêter
Sur mon balcon, il y a un baiser qui vole en ignorant la soif

Dans le métro du matin, il y a un sourire qui flotte en oubliant l'hiver
Un visage brille au lever du jour
Sur mes paupières, il y a un rêve qui voyage en chevauchant l'horizon

Dans mes os, il y a un miroir qui grandit en construisant ta maison
Dans mes mains, il y a un trait de crayon qui réchauffe en tournoyant dans le ciel
A l'aube, materner un projet

Dans le lit des rivières, il y a des vagues qui renaissent en pariant un empire
Et en même temps
Dans mon ventre, il y a un bouclier qui s'enfuit en abandonnant tout

Sur la terre, il y a des gens qui réfléchissent en cherchant la clé
Tout à coup, un sourire renaît
Devant mon ordinateur, un enfant grandit en dessinant ton visage

Dans mon jardin, il y a un enfant qui câline son doudou en attendant l'orage
Un mec m'embrasse à l'infini
Sur mon front, il y a un projet qui grandit en ne laissant rien au hasard

Dans mon coeur, il y a une fêlure qui attend en imitant ta voix
Un cri s'enfuit à perdre haleine
Sur le trottoir, il y a un avenir qui renaît en brûlant la dernière page

Dans ma valise, il y a une plume qui souffre en criant dans le silence
L'effort pollue à l'heure de la sieste
A l'usine, il y a un groupe qui travaille en creusant jusqu'à la source.

Dans la classe, il y a des bêtises qui voyagent en serrant les poings
Dans ma chambre, il y a des vagues qui flottent en dansant la valse
Dans les nuages s'enfuit pour la première fois un baiser


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jeudi 27 avril 2017

Atelier d'écriture à Lyon : Les mots, le monde et moi ! - séance découverte gratuite le mardi 16 mai de 20h à 21h30 - Maison de quartier Villette Paul Bert Lyon 3e

Séance découverte pour la nouvelle activité Ecriture que je propose avec l'association PLVPB (Patronage Laïque Villette Paul Bert) à partir de la rentrée de septembre 2017.

Au plaisir de vous y rencontrer !

Plus d'infos sur : http://www.plvpb.com/index.php/culturelle/atelier-ecriture



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dimanche 5 février 2017

Stages automne 2017

Pour l'automne 2017, deux stages sont déjà programmés :

(E)mouvants territoires : écriture et création plastique – samedi 7 et dimanche 8 octobre 2017
Avec la participation de  : Cécile Beaupère, plasticienne
Tarif : 120 €/ les 2 jours (samedi 14h-18h et dimanche 10h-17h).
10 participants maximum
Lieu : Centre culturel de Mille-Pas - 72, rue des Frères Tardy - 38500 Voiron




Et si on écrivait une chanson ! – samedi 14 et dimanche 15 octobre 2017
Avec la participation de  : Blandine Moraweck, enseignante en chant et auteur-compositeur
Tarif : 120 €/ les 2 jours (samedi 14h-18h et dimanche 10h-17h).
10 participants maximum
Lieu : local de l'association Résonateurs - 54, rue Alexandre Boutin - 69100 Villeurbanne

A vos agendas !
Chaque stage est une construction unique, à la croisée des axes de recherche artistique des intervenants. Plus d'informations sur le contenu détaillé des stages dans les prochains posts.

Informations et pré-inscription par e-mail auprès de : sylviegier@gmail.com.


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mercredi 11 janvier 2017

Atelier d'écriture à Lyon : Les mots, le monde et moi ! - le mardi soir / à partir de septembre 2017

A partir de la rentrée de septembre 2017, je propose un atelier d'écriture collectif régulier avec l'association PLVPB (Patronage Laïque Villette Paul Bert) située à Lyon 3e.

Cet atelier s'adresse aux adultes et adolescents, à partir de 16 ans.
A travers des propositions d'écriture différentes d'une séance à l'autre (poésie, fragment, récit, listes, carnet de voyage...), l'atelier permet d'expérimenter autour des mots, d'utiliser les sons, les rythmes, de partir sur des chemins de traverse et de produire ses propres écrits. Un thème est déterminé pour l'année. Pour 2017, "Les mots, le monde et moi" sera le fil conducteur des séances.




L'atelier créée le cadre, mais chacun est libre d'évoluer à son rythme, puis d'écrire chez lui ou de laisser mûrir pour la prochaine séance...Cette découverte est accessible à tous : à ceux qui écrivent régulièrement chez eux, à ceux qui n'écrivent pas, à ceux qui veulent s'amuser avec la langue, à ceux qui font des fautes d'orthographe, à ceux qui ont l'urgence de dire. 

Chaque séance se déroule de façon ludique, bienveillante et se clôture par un temps d'échange convivial.

Pour plus d'informations : sylviegier@gmail.com

Lieu de l'atelier :
Maison de Quartier Villette-Paul Bert
263, rue Paul Bert 69003 Lyon

Horaires et calendrier :
le mardi soir de 20h à 21h30, tous les 15 jours, hors vacances scolaires.
19 séances : 19/09 - 03/10 - 17/10 - 07/11 - 21/11 - 5/12 - 19/12 - 09/01 - 23/01 - 06/02 - 27/02 - 13/03 - 27/03 - 03/04 - 24/04 - 15/05 - 29/05 - 05/06 - 12/06

Tarif : 223 € /an
(adhésion à l'association et licence FOL incluses).

Inscriptions :
auprès de l'association PLVPB le samedi 9 septembre de 14h à 17h
(Salle du PLVPB cour de l'école Meynis, 187 ter Avenue Félix Faure Lyon 3e).
Pour découvrir l'activité : séance d'essai le mardi 12 septembre 2017 à 20h, à la Maison de Quartier.

Possibilité de pré-inscription par e-mail à sylviegier@gmail.com. 





lundi 9 janvier 2017

Retour sur le stage Et si on écrivait une chanson ? - 8 et 9 octobre 2016

Et si on écrivait une chanson ?
Stage d'écriture et texte de chanson

Cela a l'air tellement simple, et pourtant !
La chanson transporte en quelques minutes tout un monde. Une histoire. Un climat. Elle est un noyau d'émotion, ligne de fuite qui dit sans tout raconter, accroche sans s'appesantir. L'objectif du stage serait de saisir ça, cet effleurement, ce moment de bascule où un texte devient chanson.

Le stage est conçu comme un temps de découverte et d'expérimentation, où chacun pourra explorer l'émergence brute d'un texte, sa capacité à faire chanson, sa mise en bouche, sa réception.
- Animé par Sylvie Gier, intervenante en écriture et Blandine Moraweck, enseignante en chant.




Samedi, 14h. Le soleil inonde le local des Résonateurs. Nous sommes toutes en rond, prêtes à embarquer dans une aventure, une expérimentation.
La première journée se focalise sur l'écriture. Des textes émergent, en lien avec des propositions de thèmes et du matériau écrit, tiré au sort par les participants. Comme au démarrage de chaque chantier d'écriture, le brouillard est vaste et chacun avance pas à pas, un mot après l'autre, pour construire un réservoir d'idées, de phrases, de sonorités.
La deuxième journée s'articule autour de l'ouverture du texte, sa mise en bouche, son improvisation à partir des textes de la veille et de textes nouveaux, travaillés en commun à l'écrit et avec des instruments (percussions, claviers...). Au micro, chacun joue le jeu de la mise en rythme, du dialogue du texte et des instruments, du silence aussi.


Merci à Sylvie, Nadine, Bernadette, Geneviève pour leur ouverture musicale et leur ténacité !
Merci à Blandine de nous avoir guidé avec sûreté et précision dans le labyrinthe de la prosodie.

Le diaporama de ce moment est en partage ici.


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vendredi 6 janvier 2017

"Quand le diable sortit de la salle de bain" - Sophie Divry - Editions Notabilia - 2015

Après La condition pavillonnaire, Sophie Divry délivre, comme l'indique la page de titre du livre, un "roman improvisé, interruptif et pas sérieux" sur la condition de l'écrivain qui, loin des cénacles littéraires et des plateaux télés, vit parfois la pauvreté et la désocialisation. 

Au-delà des vicissitudes de l'auteur, ce roman dessine subtilement le portrait d'une époque où il est difficile de survivre et où l'enjeu décalé de la création prend tout son sens.



"Pendant une certaine période de ma vie, j'ai vu mon revenu divisé par trois et mon appartement passer de quatre-vingts à douze mètres carrés. Pour des raisons que nous verrons plus tard, je n'étais pas malheureuse mais j'étais pauvre. Or, un matin d'avril, alors que je rentrais de la bibliothèque, une facture de régularisation d'EDF m'attendait dans ma boîte aux lettres. Ces salopards me demandaient 260 euros. Mon compte en banque en contenait 300. En tremblant, je remplis le chèque, le signai, le postai. Puis je me dis qu'il fallait vraiment que je trouve un travail.
Alors je fis ce que tout le monde aurait fait à ma place : j'allumai mon ordinateur.
Sur le site pole-emploi.fr, je tapai mon identifiant, mon code secret et mon code postal pour parvenir sur mon espace personnel de chômeuse longue durée. Là, je lançai une recherche multicritères, en commençant par "écrivain public", "journaliste", puis "professeur", cela donna entre zéro et six résultats, aucun sur Lyon, ni sans la mention "Permis B obligatoire"; mes yeux se brouillaient; j'élargis ma recherche : "responsable communication", "surveillant d'internat", "secrétaire", détective privé"...(...) 300-260 =40. Affolé par cette simplissime et répétée soustraction, mon esprit essayait de nier l'évidence du résultat. Il recalculait sans cesse, espérant qu'apparaisse un autre nombre, afin d'éviter la question d'après : comment faire pour tenir dix jours avec quarante euros ?".

"Pour l'heure, il était midi et j'avais faim. Mon frigo était vide. Je pouvais toujours remplir mon estomac de nouilles à l'huile, mais j'avais une faim plus profonde et plus insatiable, une faim de fierté, acérée, une faim ambitieuse et dévorante, une faim existentielle et terrifiante, une faim de viande en sauce et d'île flottante, une faim de travail, une faim de rôti de porc aux pruneaux, une faim de velouté potimarron-châtaigne, une faim de merguez grillées, de journées bien remplies, de grandes tablées bruyantes, une faim de nuits réparatrices, une faim de projets, de rires, d'e-mails dans ma boîte, de poires juteuses, de coups de téléphone délirants, de destruction de contraintes; j'avais faim de festin sur les ruines du monde passé, faim de voir l'avenir s'ouvrir, mon appartement s'agrandir, faim d'une razzia dans une pâtisserie, faim d'un vin rouge puissant, coloré, rond, chaud, tannique, un vin qui envahit le palais et fait tourner la tête, et j'avais faim d'amour, faim d'un homme qui m'enverrait des textos quand je n'irais pas bien, faim de consolation, faim d'air impollué et clair, faim de reconnaissance (...)".

" Un jeune était censé se révolter, c'était loin d'être mon cas. Je me sentais lourde des années à venir (...). J'habite dans un vieux quartier d'une ville ancienne, en vacances, je vais chez ma vieille mère dans un vieux village réhabilité où on peut visiter de vieux châteaux historiques. Je croise de vieilles dames qui ont des problèmes de santé de vieux et de vieilles propriétés à restaurer. Je lis de vieux journaux rédigés pompeusement par de vieux journalistes et vendus par de vieux buralistes à de vieux lecteurs. Sur les vieilles lignes de bus, les retraités s'assoient d'autorité sur de vieux sièges, ils ont des conversations avec des vétérans au sujet de vieilles connaissances ou de vieilles boutiques qui ont fermé dans des rues piétonnisées. Nos vieux océans lèchent d'une increvable houle nos vieux rivages. Tous les automnes, des arbres centenaires craquent et leurs feuilles mortes tombent dans un soupir éternel. Dans des salles de concert, de jeunes violonistes envieillis jouent une musique surannée composée par des morts, ils sont applaudis par les vieux qui digèrent leur traditionnel gigot. Un écrivain sénile tient de vieux propos machistes dans de vieux salons littéraires. De vieux littérateurs écrivent de vieux dictionnaires pour de vieilles lectrices. Tous ces vieux ont mis leurs vieilles économies dans de respectables banques. Quand ils mourront, ils seront tellement vieux, hyper-vieux, ultra-vieux, au-delà du vieux, transcendentalement vieux, religieusement vieux, indécrottablement vieux, outrancièrement vieux, génétiquement vieux, que leurs propres enfants seront déjà vieux (...). Ils feront porter leur vieillesse sur leurs propres enfants, qui, à peine nés, commenceront à vieillir, c'est-à-dire à vivre dans un monde de vieux, à se soumettre à la vieillesse du monde, à respecter le monde ancien, à s'habituer aux usages des vieux, à ne pas-vouloir-déranger les vieux, à pas de-nuisances-sonores-le soir, à ne pas ruer dans les brancards des vieux, à craindre le vieux ridicule, à être réalistement vieux, à ne pas remettre en question le monde, mais à se faire hériter par lui (...) A peine auront-ils fini d'apprivoiser ce vieux monde qu'ils seront tranquillement vieux, parents, malades, endettés, aigris, dégoûtés; ils ne pourront rien faire, sinon transmettre leur congénitale vieillesse à la jeunesse en germe. Pour son bien, diront-ils, pour lui épargner les risques, l'inconfort, le désordre, ils voudront l'entourer de leurs bienveillants conseils de vieux. Mais que feront-ils d'autres que de patriotiquement la stériliser, la rapetisser, l'amenuiser, la tétaniser, l'empeser, la nécroser, cette jeunesse, la fatiguer, la calmer, la ralentir, la parasiter, l'adoucir, la distraire, l'enguimauviser, la canaliser, l'àquoibonniser, l'immobiliser, la maîtriser, la pacifier, la calfeutrer, l'endetter et la corrompre (...) Où sont les jeunes ? Où sont les naïfs et les idéalistes ? Les rieurs et les imprévisibles ? Les déchirés et les non-déçus ? Les cavaleurs et les illusions ? Où sont les ruptures dans le programme, les catastrophes et les nuits blanches ? Où sont les francs camarades, les fols incendies et les grandes aspirations ? Où se cachent les excentriques, les excédés, les dépareillés ? Où sont les agitatrices, les courageux, les têtes brûlées et les exceptions ? Où sont-ils et où sont-elles ? Où est la jeunesse de mon pays ? Est-elle ensevelie sous l'iPhonisation, sous l'accumulation, sous le buvez-avec-modération, sous la défense du territoire et le vigiepiratisme ? Vit-elle encore, sous les tumeurs et sous la paraffine ? Se débat-elle toujours, ensevelie sous l'épanouissement personnel, sous le moimoïsme, sous le salariat, sous le chômage et sous le précariat ? Et quand reviendra-t-elle ? Quand reviendront celles et ceux qui n'ont rien à craindre, rien à perdre, aucun intérêt à préserver, pas d'amis à protéger ni d'ascenseur à renvoyer ? Ceux qui n'attendront pas, ceux qui pourront tout quitter, tout envisager et tout replanter, qui n'hésiteront plus, qui seront jeunes tous entiers, qui trancheront, s'engageront, marcheront, ceux qui diront non : non !; qui diront oui : oui !".


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